CHAPITRE X

Liam ne restait jamais longtemps en colère. Il semblait comprendre mieux que moi ce que j'éprouvais. Nous fîmes la paix, sans qu'un mot soit prononcé. La vie devint plus facile pour moi.

Après quelques jours, on me donna un cheval et l'autorisation de me promener où je voulais, à condition d'être accompagné de Liam ou de six de ses soldats.

J'usais souvent de ce droit, me réfugiant sur les hauteurs battues par les vents surplombant la Queue du Dragon. De là, je voyais les pêcheurs partir et rentrer avec la marée dans l'Océan Idrien.

Ce matin-là, il faisait frais. L'automne approchait. Je m'enveloppai plus étroitement dans mon manteau de fourrure.

Il y a au moins six mois que j'ai quitté Homana. Et mon père qui ignore tout...

Un bruit de galop me tira de ma rêverie. Je m'apprêtai à dire à mes gardes de ne pas s'approcher autant de moi, mais je restai sans voix : c'était Deirdre.

Elle galopait vers moi, penchée sur sa selle, riant d'excitation et de plaisir. J'avais connu ce sentiment, mais pas depuis que j'étais prisonnier.

Pas depuis la mort de Ian.

Son hongre gris s'arrêta en faisant jaillir de la boue.

Deirdre riait, essoufflée. Le vent et la chevauchée avaient dérangé sa tresse et des cheveux fous dansaient autour de son visage.

— Ainsi, dit-elle, vous avez découvert la paix qui existe dans la turbulence.

— Ne sont-elles pas ennemies l'une de l'autre ?

— Le vent et la mer démontée produisent leur propre sorte de paix, dit-elle. Ne cherchez-vous pas ce calme ?

— Pourquoi le recherchez-vous ? Vous n'êtes pas prisonnière.

— Une femme n'est-elle pas prisonnière de son père d'abord, puis de son époux ?

— J'ignore qui de votre père ou de vous est le plus captif, ma dame !

Deirdre éclata de rire.

— Mais que ferait-il sans moi ? Je suis sa plus jeune fille, sa favorite... Deux de mes sœurs ont été mariées à l'étranger, une troisième est morte en couches. Il préférerait me garder près de lui... si je choisis de rester.

— Et le choisirez-vous ?

— J'aimerais voir le monde. Mais pas au prix d'un mariage dont je ne voudrais pas.

— Il ne vous forcerait jamais à un mariage politique.

— Non. C'est un père aimant, et un homme bon, quoi que vous pensiez de lui.

— Il me retient contre mon gré.

— Vous pourriez fuir. Par ici, dit-elle en montrant la falaise crayeuse qui descendait vers la mer.

— Je sais. Mais j'ai donné ma parole à votre père. L'honneur de ma Maison est en jeu. J'ai ma fierté, Deirdre.

— Comme Liam, murmura-t-elle. Il m'a dit que votre frère s'est noyé dans le naufrage. Je suis désolée... J'ai autrefois perdu un frère — de maladie — mais la mort a toujours le même visage...

Elle me regarda dans les yeux, sans cacher la sympathie qu'elle ressentait pour mon malheur.

— Si vous étiez à Homana en ce moment, que feriez-vous ?

Je faillis lui dire que je serais peut-être en train de coucher avec mon épouse atvienne, mais je me tus. Devant la fille de Shea, je me sentais incapable de mentionner Gisella.

— Je serais à Homana-Mujhar, le palais de mon père, apprenant à gouverner mon futur royaume. Ou bien à la Citadelle du clan, espérant être enfin complet.

— Complet ? Il vous manque une partie de votre corps ?

— Non. Une partie de mon âme. C'est... une particularité cheysulie.

Je fus chagriné à cette évocation, mais le manque était moins douloureux que d'habitude.

— Un guerrier qui perd son lir n'est pas un homme complet, expliquai-je. Quand cela arrive, le Cheysuli quitte le clan et cherche la mort dans la forêt.

Elle ne se récria pas sur la barbarie de cette coutume.

— Pourtant, vous êtes bien vivant, dit-elle. Comment se fait-il ?

— Parce que je n'ai jamais eu de lir. On n'attend pas de moi que j'accomplisse le rituel. Je suis à la fois prince et guerrier. Homanan et Cheysuli.

— Aucune des deux races ne vous accepte totalement, n'est-ce pas ? Qui êtes-vous vraiment, Niall ? Dites-le-moi...

— Je suis un instrument que les dieux devraient utiliser pour façonner la prophétie...

— C'est le sort de tout homme : faire partie de sa propre prophétie, quelle que soit son origine.

Soudain, je tendis la main et touchai ses doigts gantés.

— Je comprends pourquoi votre père ne veut pas vous perdre. A sa place, je ne vous laisserais jamais partir.

Avec un sourire triste, elle se dégagea et fit volter son cheval.

Je la regardai s'éloigner au galop. Puis je me replongeai dans la contemplation de l'océan.

En silence, je maudis mon tahlmorra.

Dans mes rêves j'étais un rapace.

Je dépassai les murs du jardin du château ; j'aperçus alors les deux fillettes jouant à la poupée.

Elles étaient l'antithèse l'une de l'autre : l'une, brune à la peau couleur de bronze, l'autre blonde au teint crémeux.

Quand les coutures de la poupée cédèrent sous la tension et que les haricots secs se déversèrent sur l'herbe, je vis le visage baigné de larmes de Deirdre.

Mais je ne connaissais pas celui de l'autre fillette.

Un bruit m'éveilla. A travers ma porte, je reconnus la voix de Deirdre.

Elle appelait son frère, d'un ton à la fois anxieux et exaspéré.

Je me glissai hors du lit, enfilai rapidement mes vêtements et sortis.

— Espèce de skilfin, dit-elle à la porte fermée devant elle, pour une fois que j'ai besoin de toi, il faut que tu te sois soûlé jusqu'à perdre connaissance !

La porte s'ouvrit.

C'était Ierne, la femme de Liam.

— Laisse-le dormir, Deirdre. Sauf si Alaric nous attaque, cesse de crier !

— Non, mais...

— Une épouse a le droit de garder son mari dans son lit, dit Ierne d'un ton ferme. Un jour, tu l'exerceras. Pour le moment, j'exerce le mien.

Elle ferma la porte.

— Skilfin..., marmonna Deirdre. ( Elle se tourna vers moi. ) Bon, venez. Vous ferez l'affaire.

— Je ferai l'affaire ? Et pour quoi donc ?

— Parce que je n'ai rien de mieux sous la main. Brenna a besoin d'un homme..., fit-elle en m'attrapant par le poignet et en m'entraînant à sa suite.

— D'un... homme ? fis-je, n'en croyant pas mes oreilles.

— Oui. D'habitude, Liam s'en occupe, mais il est ivre mort. Une fois que je vous aurai présenté à elle, tout ira bien. Elle n'aime pas les autres.

Deirdre me conduisit au pied de l'escalier en colimaçon. Elle ne ressemblait pas à la princesse que j'avais vue sur les remparts de Kilore. Habillée à la va-vite, les cheveux défaits, préoccupée, elle était différente. Soudain, sans rime ni raison, j'eus très envie de l'embrasser.

— Connaissez-vous quelque chose aux chevaux ? demanda-t-elle.

— Aux chevaux ?

— Oui. Pensiez-vous que Brenna était une femme ? C'est une jument ! Et qui va mettre bas. Dépêchez-vous, ou elle aura fini avant que nous arrivions.

— Et ce serait mauvais ?

Je ne pus m'empêcher de penser qu'une jument devait savoir comment s'y prendre pour donner naissance à son poulain.

— Vous ignorez donc tout des chevaux ? Ah, retournez vous coucher ! Vous ne me serez d'aucune utilité !

Je n'avais nulle envie de la quitter.

— Je viens, dis-je.

Nous sortîmes du château. Les étables étaient un peu plus loin. Un homme nous attendait à l'entrée. Il me jeta un coup d'œil, puis se tourna vers Deirdre. Il n'avait pas l'air surpris de voir la fille de son roi arriver en pleine nuit, sa chemise de nuit dépassant de pantalons d'homme.

— Elle ne veut rien avoir à faire avec moi jusqu'à la naissance du poulain, dit-il. C'est toujours comme cela, avec Brenna.

— Je sais, dit Deirdre en se glissant dans une des stalles.

— Brenna, breagha, tu vas nous donner un magnifique poulain !

Je regardai dans la stalle et ne vit que de l'obscurité. Puis les ombres bougèrent. La jument était du noir le plus intense. Des contractions puissantes faisaient bouger son ventre distendu.

— Là, dit Deirdre, vous voyez les petits sabots juste sous la queue de Brenna ? Le poulain ne va pas tarder à sortir.

Elle parla doucement à la jument, la calmant et la flattant. Puis la bête eut une contraction plus violente et le poulain glissa sur le sol couvert de paille propre.

— Vite, dit Deirdre.

Elle s'agenouilla pour déchirer l'enveloppe humide qui entourait le nouveau-né. Brenna l'aida de ses dents, puis commença à lécher son petit.

Elle s'arrêta presque aussitôt.

— Oh, non ! dit Deirdre. Seamus, vite ! Le poulain ne respire pas.

L'homme arriva immédiatement et pendit à un crochet la lanterne qu'il portait. Le poulain était immobile et flasque entre les bras de Deirdre.

La jument se releva en titubant. Elle était épuisée. Son rejet du poulain mort-né semblait évident.

— Tenez-la, m'ordonna Seamus.

J'attrapai le cou de Brenna et la maintins dans un coin de la stalle pendant qu'ils s'occupaient du poulain.

Je lui caressai le museau, admirant sa robe. Elle était d'un noir d'ébène, sans une tache blanche. C'était une bête de grand prix.

— Breagha, dit Seamus, il n'y a plus rien à faire. Il nous a quittés.

— Tu n'as pas essayé suffisamment !

— Si, dit-il, solennel. Il ne nous reste plus qu'à le donner aux cileanns.

— Onze mois d'attente, se lamenta Deirdre, et il ne nous reste rien !

— Il vous reste la jument, breagha, dit doucement Seamus.

— Oui, soupira-t-elle.

Elle se leva et vint entourer le cou de l'animal de ses bras.

— C'était un si beau petit, Brenna. Digne des cileanns. Ils lui feront honneur.

— Je vais l'emmener, dit Seamus.

Deirdre fit volte-face.

— Non ! C'est à Niall de le faire, s'il le veut bien.

Le visage de l'homme se ferma.

— Il est Homanan, dit-il, et métamorphe.

— Les cileanns sont honorables et généreux. Je pense qu'ils l'accueilleront aussi bien que Shea lui-même.

C'était une réprimande subtile, rappelant à l'homme que la femme qu'il servait était la fille du roi, le respect que ce dernier m'accordait étant également dû de son titre.

— Alors je vais m'occuper de la jument. Elle acceptera ma présence, maintenant.

— Pouvez-vous le soulever ?

Je pris le corps immobile et humide dans mes bras. Il ne pesait pas très lourd.

Nous sortîmes de Kilore et nous nous engageâmes dans les collines d'Erinn. Il n'y avait pas de lune, mais Deirdre semblait connaître le chemin. Elle avança, silencieuse. Je la suivis, portant le poulain mort-né.

Elle s'arrêta au sommet d'une petite colline. J'aperçus un cairn et un petit autel, gravé de runes étranges. Je compris ce que je devais faire, sans que Deirdre ait dit un mot. Je posai le poulain sur l'autel.

Deirdre me fit signe de reculer. Un cercle blanc était dessiné sur l'herbe rase. Il diffusait une faible lueur.

— La butte appartient aux cileanns, à l'Ancien Peuple. Ils étaient à Erinn bien avant nous. Beaucoup les ont oubliés, mais pas ceux de la Maison de Shea. Nous attendrons jusqu'à l'aube, pour nous assurer qu'il a été emporté.

— Emporté ? ( Je regardai le cairn et l'autel. ) Ne soyez pas offensée, mais que feraient-ils du poulain mort-né de Brenna ?

— Ce qu'ils font de tout être venu au monde sans souffle dans son corps. Ils lui donneront la vie, ils l'accueilleront ; ils lui apporteront la liberté des cileanns. J'ai vu des femmes déposer ici des bébés. Elles avaient du chagrin, mais aussi la certitude que la mort n'est qu'une fin terrestre, sans objet dans le pays de l'Ancien Peuple.

— Avez-vous déjà attendu auparavant ?

— Deux fois. Pour mon frère, Callum, et pour Orna, ma sœur qui est morte en couches.

— L'Ancien Peuple est-il venu les prendre ?

— Vous aurez la réponse à l'aube, dit-elle. Les cileanns eux-mêmes vous la donneront.

Il faisait froid sur la butte. Bien que sans lir, je n'étais pas ignorant du pouvoir, quand il est aussi fort qu'en ce lieu. J'essayai de dormir. En vain. Deirdre ne tenta même pas de fermer les yeux. Allongés sur le dos, nous regardions les étoiles, parlant de nos rêves et de nos aspirations, partageant des aspects de nous-mêmes dont nous n'avions jamais parlé, sans doute parce que nous les jugions trop personnels, trop précieux.

Au moment où je tendais la main pour la toucher, l'aube pointa. Deirdre se leva précipitamment et se tourna vers l'autel.

Il était éclairé par le soleil levant.

Et vide.

J'avançai lentement vers le cairn. Un sourire de satisfaction joua sur les lèvres de Deirdre. Elle murmura quelque chose dans une langue que je ne comprenais pas ; puis elle me regarda.

Elle portait une chemise de nuit tachée et des pantalons. Elle venait de passer la nuit sur la butte sacrée avec un homme qu'elle connaissait à peine. Pourtant, elle avait appris ses secrets les plus intimes, ceux que nous gardons généralement pour nous de crainte de provoquer le rire ou, pire, l'indifférence.

J'avais attendu qu'elle donne libre cours à son chagrin, après la mort du poulain. Comme une Cheysulie, elle l'avait refoulé au plus profond d'elle-même.

Je la regardai. Avec son visage souillé et fier, elle ressemblait à un aiglon prêt à quitter le nid.

Elle se détourna de l'autel vide.

— Maintenant, dit-elle, je peux pleurer.

Quand les larmes coulèrent sur son visage, je la pris dans mes bras.

Ma captivité continua. J'étais traité selon mon rang, mes appartements étant chauds et confortables. Je pouvais aller chasser en compagnie de Liam, et Shea m'apprit ce qu'il savait des vaisseaux et de la guerre.

Deirdre, elle, m'apprit ce qu'était l'amour d'une femme.

Nous passions les soirées en famille avec Shea, son épouse et ses deux enfants. La femme de Liam et leur fils, âgé de deux ans, ne nous quittaient guère.

Sean était leur seul enfant, mais Ierne en attendait un second, qui naîtrait dans sept mois. Le petit avait les yeux marron de sa mère et les cheveux cuivrés de son père. La marque de Shea était sur tous ses enfants. Kilore, le Nid d'Aigle d'Erinn, abritait de magnifiques aiglons.

Enfin, il y avait Deirdre, qui me servait comme sa belle-mère servait Shea, comme Ierne servait Liam. Elle ne faisait aucune promesse impossible à tenir et ne parlait jamais du futur. Mais elle y pensait, tout comme moi.

Assis devant l'immense cheminée, après le repas, je regardai silencieusement les flammes. Shea me traitait comme un membre de la famille jusqu'à ce qu'il soit question de politique. A ce moment, je redevenais un otage qui devait tout ignorer de ce que disaient ses geôliers.

Sean courut sur ses petites jambes et vint s'affaler contre ma cuisse. II me regarda d'un air engageant et sourit. Il marmonna quelque chose dans ce que je pris d'abord pour de l'érinnien ancien, avant de me rendre compte que c'était son langage enfantin. Je le soulevai et je le mis sur mes genoux. II resta ainsi, regardant les flammes, blotti contre ma poitrine.

C'était la première fois que je tenais un enfant dans mes bras. Etait-il confortablement installé ? Il ne bougeait pas. J'en déduisis qu'il était satisfait. J'avais toujours cru que les enfants étaient des êtres exubérants et criailleurs.

Je sentis la présence de Deirdre avant qu'elle parle, comme toujours.

— Vous êtes doué avec lui. Il n'est pas si facile à contenter, d'habitude.

— Je suis une nouveauté. Il se lassera de moi rapidement.

— Sean n'est pas comme ça. C'est un petit être qui a des idées bien arrêtées, indépendant...

— Comme vous.

Elle rit doucement et s'assit sur un tabouret près de moi.

— Vous ferez un bon père, un jour, dit-elle.

— Si on me laisse l'occasion d'épouser ma fiancée, lançai-je délibérément.

— Ainsi, c'est toujours Gisella que vous désirez.

— Je ne la désire pas, Deirdre. Je veux seulement ma liberté afin de pouvoir l'épouser. Ce n'est pas la même chose.

— Et moi ? demanda-t-elle doucement. Est-il si facile pour vous de nier ce qu'il y a entre nous ?

Dieux, pardonnez-moi le mal que je dois lui faire...

— La prophétie, Deirdre, me lie plus étroitement à Gisella que mon mariage avec elle. Elle fait partie de mon tahlmorra. Elle est à demi atvienne, à demi cheysulie. J'ai besoin de son sang pour transmettre les dons à mes enfants ; autrement, je ne servirai pas la prophétie.

— Et moi, dit-elle, j'ai besoin de vous.

Tendant la main, je touchai sa chevelure brillante. Je la sentis trembler de désir.

Tout comme moi.

La bouche sèche, me haïssant moi-même, je répondis :

— Je ne peux rien faire.

Des semaines plus tard, le vieux seigneur me fit appeler dans ses appartements privés. Il m'attendait, en compagnie de Liam.

— Assieds-toi, petit. ( Il prit aussi un siège. ) J'ai des nouvelles de Donal. Alaric l'a prévenu de ta présence ici.

— Qu'a dit mon père ?

— Il demande si tu vas bien. J'ai dit au messager du Mujhar que tu étais en excellente forme. Il est reparti aussitôt.

— Vous l'avez renvoyé ? m'exclamai-je.

— Je ne voulais pas qu'on te dérange, dit Shea.

Je me levai d'un bond, renversant ma chaise.

— Par les dieux, vous me tenez prisonnier depuis plus de six mois, et vous ne me laissez même pas parler à l'envoyé de mon père !

— Assieds-toi ! gronda Shea.

Je ramassai ma chaise et lui obéis.

— Je l'ai laissé te voir de loin, fit-il, pour qu'il puisse dire à ton père que tu vas bien. Tu étais avec ma fille. Liam dit que tu avais l'air satisfait.

Je rougis et jetai un regard mauvais à Liam, qui haussa les épaules.

— Donal souhaite dépêcher un délégué à Kilore, pour négocier ta libération. J'ai accepté de le recevoir. Mais je ne peux rien promettre de plus pour le moment.

— Et si le Mujhar envoie des troupes en même temps que son émissaire ?

— Je ne pense pas. Il est bien trop occupé avec Solinde. Les Ihlinis se sont soulevés.

Strahan ! Ce ne peut être que lui.

— Mon seigneur, suppliai-je, laissez-moi retourner auprès de mon père !

— Jusqu'à ce qu'Alaric cède, tu resteras là. Je voudrais te demander quelque chose. Me donneras-tu une réponse honnête ?

— Posez-moi la question.

— Serais-tu prêt à rompre tes fiançailles avec Gisella ?

— C'est impossible.

Son regard était plein de compassion : il savait ce que ma réponse me coûtait.

— Même si je te rendais ta liberté ?

— Non, dis-je, la gorge nouée. Je... n'en ai pas le droit.

— Ma foi, Deirdre m'avait prévenu de ta réponse. Je suis désolé que tu ne puisses pas devenir mon fils.

— Attendez..., fis-je. Je ne puis être votre fils, mais nous pouvons être parents. J'épouserai Gisella ; quand nous aurons une fille, nous la fiancerons à Sean. Il sera le seigneur de cette île, et ma fille sera une princesse d'Homana. Cela vous conviendrait-il ?

— A moi, oui, grogna Shea, mais c'est à Liam de répondre pour son fils.

— Sean est un peu jeune pour qu'on arrange déjà son mariage, mais j'y penserai. En supposant que tu engendres une fille.

— Gisella et moi avons été fiancés dès le berceau. Sean marche déjà, lui !

Liam éclata de rire.

— Mais tu n'as pas encore couché avec Gisella !

— Cela viendra. Dès que je serai libre. Shea me regarda avec affection et amusement.

— Tu peux partir, petit ; laisse-moi avec mon fils. Je quittai les appartements du roi, me sentant étrangement soulagé.

La piste du loup blanc
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